lundi 20 octobre 2008

Nicole | Le jour de ma Confirmation.


NICOLE







A l'école Sainte Anne ,
nous avions des cours d'instruction religieuse.
Donnés souvent par les sœurs,
parfois  par Monsieur le curé,
ce qui nous amusait beaucoup  plus.
Dans la classe de mademoiselle Marie Paule,
ce fut l'année   de ma confirmation.
Au pensionnat Cluny 
 j'avais déjà fait ma première communion.





 la Confirmation,  je me demandais bien ce que ce mot voulait dire...
Voila un  mot bien sérieux !
Monsieur le curé
nous avait bien  expliqué que  l'évêque de Marseille
allait venir dans notre petite église de Sainte Anne
 pour  célébrer  une grande cérémonie
Il allait nous donner  
 "l'Esprit Saint".

Je n'avais pas bien compris mais 
 avec mon imagination vagabonde,
 j'avais comparé ce don à une sorte de  cadeau fabuleux. 
Une  lumière qui allait échoir sur ma tête,
descendre   au plus profond de mon cœur,
pour me donner  sans doute la  fameuse  sagesse qui me faisait   défaut.
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Dans le Missel que m'avait offert grand maman 
 les images pieuses posées entre les pages 
me rassurait.
Surtout  celles ou   les   apôtres  le jour de la Pentecôte.
recevaient  une drôle de petite flamme sur leurs têtes. 
Monsieur le curé nous avait promis 
 que la même chose allait se produire sur les nôtres.
Tel un tour de magie .
 
j'étais tout de même  un peu inquiète mais 
après tout les apôtres n'en étaient pas morts.


 l'année précédente,au pensionnat Cluny 
j'avais été  déjà beaucoup troublée par une certaine révélation.
La  religieuse qui nous dispensait les  cours de catéchisme,
nous avait  fait écrire en haut de la page de notre cahier neuf
notre prénom et tout  à coté 
 fille de Dieu.

Tandis  que les lettres s'inscrivaient sur la page blanche
je découvrais toute  la signification des mots
"Nicole fille de Dieu "
Quel choc énorme.
" Je serai donc  la fille de Dieu "
Jamais je n'aurais pu deviner une pareille  chose .
J'ai pensé tout de suite à mes parents
Au moins le savaient ils ?


 Et je  me souviens  avoir  longuement réfléchi  sur le chemin du retour comment leur annoncer une telle nouvelle  
sans trop leur faire de  peine.




Monsieur le curé de Sainte Anne nous avait fait un cours sur le  Péché.
Il nous avait expliqué qu'ils en existaient deux sortes :
le  " véniel " qui n'était pas bien grave
et le  péché " mortel "
qui lui était vraiment mortel
puisque je pensais  qu'il nous faisait tomber raide mort !

Nanti de cette nouvelle plutôt  terrifiante, à chaque fois que je faisais une bêtise,n'osant plus respirer 
 je restais suspendue  
au  jugement de   cette autorité suprême 
qui tenait ma vie en suspens.

Fort heureusement,
 je compris bien vite que ma survie ne dépendait pas obligatoirement  de la gravité de mes sottises
 et je fis rapidement le tri parmi celles que je pouvais pratiquer  sans aucune  représailles.

Une foip Nous allions nous confesser dans la petite chapelle de l'école une fois par semaine.
Comme je trouvais que ma liste de péchés n'était pas assez longue,
et que mes petites amies restaient plus longtemps  que moi  au confessionnal,
j'en inventais des nouveaux  sutout en prévention.
J'avais ainsi  toute une réserve de pardons 
qui me permettait de faire 
en toute impunité
ce que je voulais.

La petite chapelle de l'école Sainte Anne  n'existe plus !
Les religieuses sont parties. 

Le jour de ma confirmation toute la famille  était réunie.
J'étais la "star" du jour 
Et surtout  j'allais recevoir l'Esprit Saint !
 je pensais  qu'un changement immédiat  s'opérerait sur moi  
 et qu'il serait   visible  aussitôt  par  mes  parents très fiers.

C'était une journée emplie  d'une grâce toute  particulière,
pourtant  elle avait mal débutée. 
Ma grand mère  en fit la première les frais en voulant ajuster le voile blanc sur mes cheveux courts.

 Le voile ne me plaisait pas, 
je voulais une couronne de roses blanches.....
Et puis je n'aimais pas les deux tortillons de tulle blanc 
 qu'elle avait confectionné de  chaque côté de ma tête.
Je trouvais que ces garnitures  étranges  n'étaient pas belles. 
Enfin, tout allait de travers ... 
et j'étais en larmes.
"Et bien  ça promet pour le jour de son mariage !" avait dit en riant ma grand mère
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Mais  elle  était loin de  se douter que deux  ans  plus tard,
le jour de ma communion" solennelle"
la couronne de roses blanches  posée sur mes cheveux
d'une façon qui ne me convenait pas
traverserait la nef de l'église
 avant d'échouer aux pieds de Monsieur le curé consterné.

Il est certain   qu'a ce moment là 
" la lumière" du Saint Esprit
ne m'avait pas encore éclairée.




Et puis  le soir venu, après une longue journée de fête en famille
je me souviens m'être endormie sage ,apaisée
sans doute  en état de sainteté
 jusqu'au petit matin.

Nicole


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